Au terme d’un match tendu et longtemps indécis, la République Démocratique du Congo s’est imposée face à la Jamaïque (1-0, après prolongation) en finale des barrages intercontinentaux. Un succès arraché dans la douleur, mais historique, qui permet aux Léopards de retrouver la Coupe du monde pour la première fois depuis 1974.
Kinshasa, Une qualification forgée dans l’effort
Il aura fallu attendre la prolongation pour voir la RDC faire la différence. Dans une rencontre où la maîtrise technique a souvent laissé place à la tension, les Léopards ont fini par faire plier des Jamaïcains courageux à l’usure.
Le tournant intervient à la 101e minute. Sur un corner dévié au premier poteau, Axel Tuanzebe surgit et pousse le ballon au fond des filets, de la cuisse. Après vérification de l’assistance vidéo, le but est validé, libérant tout un pays.
Une entame prometteuse, un match compliqué
La RDC avait pourtant affiché ses intentions dès les premières minutes. Cédric Bakambu pensait ouvrir le score dès l’entame, mais son but était refusé pour une position de hors-jeu. L’attaquant congolais se montrait à nouveau dangereux quelques instants plus tard, notamment sur une tête bien cadrée.
Mais après ce début encourageant, les hommes de Sébastien Desabre ont progressivement perdu en précision. Gênés par l’enjeu, ils ont eu du mal à imposer leur rythme et à se montrer tranchants dans les trente derniers mètres.
Une Jamaïque entreprenante mais inefficace
En face, les Reggae Boyz ont su exploiter les moments de flottement congolais. Sans complexe, ils ont tenté leur chance, à l’image de Leon Bailey, auteur d’une frappe lointaine qui a frôlé le cadre de Lionel Mpasi. Malgré plusieurs situations intéressantes, les Jamaïcains ont manqué de réalisme, laissant la porte ouverte à un retour congolais.
Le sursaut dans le time is money
Dans les dix dernières minutes du temps réglementaire, la RDC a repris l’initiative, accentuant la pression sur la défense adverse. Les entrées de joueurs offensifs ont redynamisé le jeu congolais, permettant aux Léopards de retrouver de la profondeur et de l’impact. Cette montée en puissance s’est confirmée en prolongation, jusqu’à l’action décisive de Tuanzebe.
Un succès au mental
Malgré des occasions de contre-attaque en fin de match pour alourdir le score, la RDC a dû se contenter de ce court avantage. Mais l’essentiel était ailleurs : la qualification.
Cette victoire s’est construite sur : la résilience, l’effort collectif et une gestion des moments clés.
52 ans après 1974, la RDC retrouve le Mondial
La dernière participation de la RDC à la Coupe du monde remontait à la Coupe du monde 1974, sous l’appellation Zaïre. Plus d’un demi-siècle plus tard, les Léopards renouent avec la scène mondiale.
Ils disputeront la Coupe du monde 2026 en Amérique du Nord, où ils entameront leur parcours face à des adversaires de haut niveau, dont le Portugal. Au-delà de la performance sportive, cette qualification revêt une dimension symbolique forte. Elle incarne la fierté retrouvée d’un peuple et l’unité d’une nation derrière son équipe.
Signalons qu’à la veille du match, le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo avait appelé les joueurs à porter haut les couleurs nationales. Message entendu. Sans briller, mais avec caractère, la RDC a su répondre présent dans le rendez-vous le plus important de son histoire récente.
Une victoire au forceps, mais une qualification méritée. Les Léopards sont de retour sur la scène mondiale.
Jean-Pierre KANYIKI wa Muka