Dix jours après le lancement effectif du déploiement, la mission de cartographie des services de prise en charge des violences basées sur le genre (VBG), conduite dans le cadre du Projet d’Amélioration de la Qualité de l’Enseignement Primaire (PEQIP), se poursuit avec intensité dans 4 provinces de la République démocratique du Congo.
Lancée le 14 mars dernier, cette opération est entrée dans une phase décisive de collecte et de consolidation des données. Les équipes sont actuellement déployées dans les provinces de l’Ituri, du Kasaï, du Kasaï Central et du Kasaï Oriental, couvrant les provinces éducationnelles suivantes : Ituri 1, 2 et 3 ; Kasaï 1 et 2 ; Kasaï Central 1 et 2 ; Kasaï Oriental 1 et 2. Depuis Kinshasa, elles ont été déployées de manière progressive entre le 14 et le 18 mars vers les principaux pôles d’intervention, conformément à une planification rigoureuse.
Cette mission mobilise une équipe pluridisciplinaire associant experts du PEQIP et cadres du ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté (EDU-NC), garants de l’ancrage institutionnel et de l’appropriation nationale des résultats. Sur le terrain, les enquêteurs, répartis par axes géographiques, conduisent une collecte systématique auprès des structures de prise en charge situées à proximité des écoles à construire dans le cadre du PEQIP.
Chaque structure fait l’objet d’un entretien approfondi, basé sur un questionnaire numérique, dont l’administration nécessite en moyenne 45 minutes, incluant la vérification des informations recueillies. L’objectif est de documenter de manière fiable l’offre de services existante, d’en apprécier les capacités et d’analyser les mécanismes de référencement.
La mise en œuvre de cette mission repose sur une implication soutenue des acteurs locaux. Les autorités éducatives provinciales, les services techniques (santé, genre, affaires sociales) ainsi que les organisations de la société civile contribuent activement à la facilitation des activités.
Les réunions des comités provinciaux de l’éducation, organisées en amont du déploiement, ont permis de structurer cette collaboration et de favoriser une appropriation collective des enjeux. Sur le terrain, cette coordination se traduit par un accès facilité aux structures et une meilleure circulation de l’information.
Une mission qui s’adapte sans relâche
À Luiza, dans le Kasaï Central 2, les conditions d’accès varient fortement selon les axes. Sur l’axe Luiza – Ngueja – Nsaji, les distances restent relativement courtes. Mais à mesure que l’on s’éloigne, les conditions changent. Sur l’axe Luiza – Kabelekese – Tulume, les écoles sont situées à des distances variant de 70 à plus de 100 kilomètres de la Division provinciale de l’EDU-NC de Luiza. Pour atteindre certaines écoles ciblées, les équipes doivent traverser les rivières Lulua ou Lueta, à bord de pirogues, avec leurs motos chargées de matériel. Les traversées s’effectuent parfois, dans des embarcations étroites où chaque mouvement doit être mesuré. Une fois la rive franchie, le trajet reste long, souvent incertain.
Plus loin encore, sur l’axe Luiza – Bulungu – Kazumba secteur, les distances deviennent considérables, plus de 120 kilomètres, jusqu’à plus de 200 kilomètres du bâtiment de la Division provinciale de l’EDU-NC, pour certaines écoles. Ici, la difficulté ne tient pas seulement à l’éloignement, mais à l’état des routes. Les pistes, fortement dégradées, deviennent difficiles dès les premières pluies. Le sol argileux ralentit la progression, bloque les motos par endroits et oblige les équipes à descendre pour avancer à pied. Parfois, il faut contourner, attendre, ou simplement s’arrêter. Chaque déplacement prend du temps. Beaucoup de temps.
Dans ces conditions, une journée peut être consacrée à atteindre une seule localité, avant même de commencer les entretiens. Et lorsque la collecte ne peut être finalisée en une seule visite, il faut envisager un retour, en reprenant les mêmes itinéraires, avec les mêmes contraintes.
Plus au nord, en Ituri, les contraintes prennent une autre dimension.
Sur les axes de Mahagi (Ituri 3), certaines écoles se situent à plusieurs dizaines de kilomètres de la Division provinciale, parfois au-delà de 80 kilomètres, dans des zones où l’accessibilité reste variable. Dans les zones d’Aru (Ituri 2), les distances peuvent également être importantes jusqu’à plus de 100 kilomètres pour certains sites.
Mais c’est surtout dans certaines zones de l’Ituri 1 que la mission se heurte à des contraintes plus sensibles. Sur des axes tels que Bunia – Komanda – Mambassa – Biakato – Niana, où certaines écoles sont situées à plus de 300 kilomètres de la Division provinciale de l’Education nationale, les conditions sécuritaires ne permettent pas toujours un accès complet aux localités ciblées. Dans ce contexte, l’accès à certaines zones reste limité.
Au-delà de ces contraintes, un point demeure constant : la nécessité de maintenir la qualité des données collectées.
Malgré les distances, les difficultés d’accès et les ajustements imposés par le terrain, les équipes poursuivent leur travail avec méthode, en privilégiant la rigueur et l’adaptation.
Une phase d’analyse en perspective
À mesure que la collecte s’achève dans certaines zones, sur des périodes variant de cinq à neuf jours selon les contextes, la mission amorce progressivement sa phase d’analyse. Celle-ci visera à : (i) évaluer la qualité et la couverture des services recensés ; (ii) documenter les circuits de référencement existants ; (iii) formuler des recommandations adaptées aux spécificités de chaque province éducationnelle.
Cellcom PEQIP