Dans une déclaration officielle, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a affirmé que les Rwanda Defence Force (RDF) auraient appuyé le M23 lors de la prise de plusieurs localités stratégiques dans l’est du pays. Parmi les zones concernées figurent notamment les capitales provinciales de Goma et Bukavu, ainsi que des sites miniers considérés comme essentiels pour l’économie congolaise.
Selon Washington, les avancées du M23 n’auraient pas été possibles sans « le soutien actif et la complicité » de l’armée rwandaise et de certains de ses hauts responsables. Les autorités américaines exigent par ailleurs le retrait immédiat des troupes, des armes et des équipements rwandais du territoire congolais.
Les responsables visés
Ces sanctions sont prises en application du décret présidentiel américain 13413, modifié par le décret 13671, qui cible les personnes impliquées dans des actions menaçant la paix, la sécurité et la stabilité de la RDC.
Quatre hauts gradés du RDF sont concernés :
Vincent Nyakarundi, chef d’état-major de l’armée de terre rwandaise et commandant supérieur des forces terrestres, accusé d’avoir dirigé des opérations en appui au M23.
Ruki Karusisi, général de division et commandant de la 5ᵉ division d’infanterie, ancien chef des forces d’opérations spéciales, soupçonné d’avoir supervisé des opérations militaires liées au soutien au mouvement rebelle.
Mubarakh Muganga, chef d’état-major des forces de défense rwandaises, qui aurait joué un rôle central dans la planification et le commandement des opérations menées dans l’est congolais avant sa nomination en juin 2023.
Stanislas Gashugi, nommé en mars 2025 à la tête des forces d’opérations spéciales, succédant à Karusisi.
Les autorités américaines estiment que ces responsables ont participé, directement ou indirectement, à des actions compromettant la stabilité de la RDC, en apportant un soutien matériel, logistique ou financier au M23.
Cette décision marque une nouvelle étape dans l’implication diplomatique des États-Unis dans la crise sécuritaire persistante à l’est de la RDC, où les affrontements entre les forces gouvernementales et les groupes armés continuent d’alimenter l’instabilité régionale.
JP KANYIKI