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6ème Tribune d’Adolphe Muzito–Kinshasa : l’enfer au paradis

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LA PROBLÉMATIQUE
Nous avons promis dans la 5ème tribune d’analyser les contradictions qui caractérisent la ville de Kinshasa du point de vue économique, social, administratif et écologique ainsi que les effets de celles-ci sur la vie des ses habitants.

La démarche vise à nous interroger sur l’avenir de cette ville, capitale de la RDC et à tenter sur cette base d’appréhender la préfiguration des autres villes du pays dans une prochaine étude.

La question ici est de réfléchir sur les possibilités d’exploiter les opportunités de ladite ville pour en faire des réalités.

En effet, la ville de Kinshasa, comme le pays dont elle est la capitale, est marquée par des contrastes entre les opportunités et potentialités qu’elle renferme et la réalité de la qualité de la vie de sa population, en termes des services sociaux de base : logement, eau potable, électricité, transport, santé et éducation.

Malgré les conditions de vie difficiles de la plupart de ses habitants qui, à tort ou à raison, estiment vivre dans l’enfer, Kinshasa a donc des atouts qui sont des véritables dons du ciel et qui feront de cette ville un paradis si et seulement si lesdits atouts sont exploités à bon escient dans le cadre d’un plan d’urbanisation à mettre en œuvre.

II. LES ATOUTS DE KINSHASA

La population 
Kinshasa est une agglomération de 12 millions d’habitants.

En termes de population, Kinshasa avec ses 12 millions d’habitants se classe, comme on le voit dans le tableau n°1 en annexe, parmi les plus grandes métropoles du monde.

Cette population constitue un marché important et lui offre une grande opportunité économique en termes de débouchés pour son développement.

Kinshasa se positionne ainsi du point de vue démographique parmi les grandes métropoles comme Abidjan (10.783.906 habitants), Paris (12.341.418 habitants[ ]), Washington (9.546.579 habitants), etc.

La superficie 
Kinshasa s’étend sur 10.000 km². En termes de superficie, la capitale de la RDC est parmi les premières métropoles du monde et dispose ainsi d’un plus grand espace vitale pour un développement harmonieux. Elle vient loin avant les villes comme Tokyo (2.190 km²), Londres (1.700 km²), New York (1.200 km²), Abidjan (2.120 km²), Le Cap (2.450 km²), Paris (105 km²), etc. (Tableau n°2 en annexe).
La densité
Avec ces 12 millions d’habitants et sa superficie de 10.000 km², Kinshasa a une densité de 1.200 habitants au km².

Comparée à celles des autres grandes métropoles du monde, comme on peut le voir dans le tableau n°3 en annexe, Kinshasa dispose aujourd’hui d’une densité parmi les plus basses. Celle-ci lui donne aussi des atouts pour un développement harmonieux et lui permet d’offrir à sa population des conditions sociales, écologiques et vitales parmi les meilleures du monde.

Comparée à certaines villes de son pays comme Lubumbashi : 2.390 hab au km² et Mbuji-Mayi : 12.440 hab/km², Kinshasa présente une densité de loin la plus intéressante.

La topographie, la climatologie et l’hydrographie ( )
Le relief de Kinshasa est composé de quatre éléments principaux : le pool, la plaine, la terrasse et les collines.

Le Pool ou Pool Malebo, c’est le fleuve Congo qui s’élargit ici comme un lac. Il s’étend de Maluku à Kinsuka, long de 50Km et large de 25Km. Le pool abrite le port fluvial le plus actif et le plus important du pays.

À Kinshasa, le fleuve mouille 7 communes : Maluku, Nsele, Masina, à l’Est, et Limete, Gombe, Ngaliema et Mont-Ngafula, au Nord et à l’Ouest.
La Plaine est située entre 10 et 20 mètres au-dessus du fleuve.

La Terrasse est une sorte de talus, une marche de 10 à 25 mètres au-dessus de la plaine. Elle s’étend entre Ndjili et Mont-Ngaliema et se butte au pied des collines.

La plaine et la terrasse constituent la plus grande étendue du site de Kinshasa. C’est aussi la surface la plus aisément urbanisable.

Les collines s’élèvent et dominent le pool et la plaine de 400 m à plus de 700 m d’altitude.

Ces collines sont celles du Mont-Ngaliema, de Djilo-Binza, Binza-Antenne, Mont-Ngafula et Mont-Amba. À l’Est : le Pic Mangenge et le plateau des Bateke.

Le climat de Kinshasa est tropical – chaud et humide avec une température maximale de 30 – 33° C entre 14 et 15h.

La moyenne journalière est autour de 25 et 27 °C entre 9h et 21h. Les heures de la canicule – les heures chaudes, 11-17h, touchent toute la ville avec une plus grande chaleur dans la plaine et les vallées.
Kinshasa a les deux saisons du pays : la saison des pluies (8 mois) et la saison sèche (4 mois).

Pour ce qui est des pluies, il faut dire qu’il pleut en moyenne plus de 100 jours par an à Kinshasa avec des maxima de 116 jours à Ndjili, des 106 jours à Binza ; et des minima de 95 jours au Centre-ville.

Concernant l’hydrographie, Kinshasa est une ville traversée de nombreux cours d’eau (les rivières et fleuve) dont principalement le fleuve Congo qui la baigne à sa rive gauche.

Les autres rivières, nombreuses, les cinq plus importantes : Ndjili, Nsele, Lufimi, Mayi-ndombe et Kwango.

Aménagées ces rivières constitueraient un atout plutôt qu’un handicap dans l’urbanisation de la ville.

III. LES FAIBLESSES DE KINSHASA

En dépit de ses potentialités économiques, démographiques, géographiques et écologiques, décrites ci-avant, Kinshasa affiche beaucoup de faiblesses dues essentiellement aux 4 facteurs ci-après :

– La répartition spatiale déséquilibrée de sa population ;
– La prise en charge déséquilibrée de la population du point de vue administratif et sécuritaire ;
– La distribution déséquilibrée des infrastructures sociales et économiques ;
– Le chômage et la qualité précaire des emplois.
Chacun de ces 4 facteurs a des effets néfastes sur la situation sociale, écologique et humanitaire de la population.

De la répartition spatiale déséquilibrée de sa population
 
Kinshasa est subdivisée en 24 communes urbaines regroupées en deux (2) espaces :

– le premier espace comprend 22 communes ; et
– le second espace regroupe 2 communes dites semi-rurales : N’Sele et Maluku.

Le premier espace qui comprend les 22 communes est peuplé par près de 96% (95,7%) de la population totale de la ville, soit 11.480.000 habitants sur 12.000.000. Cet espace n’occupe cependant que les 11 % de la superficie de la ville, soit 1.100 km² sur les 10.000 km² dont celle-ci dispose. (Voir tableau n°4).

Le second espace, constitué de 2 communes, Nsele et Maluku, est sous-peuplé, avec 4,3 % de la population totale de Kinshasa, soit 520.000 habitants. Il couvre cependant les 90% (89 %) de la superficie totale de la ville.

La commune de N’sele a une superficie de 900 km² équivalente à près des ¾ de l’ensemble de 22 anciennes communes. Elle est peuplée de 230.000 habitants avec une densité de 253 hab/km², tandis que la commune de Maluku, avec ses 8.000 km², soit 80% de la superficie totale de la ville de Kinshasa, n’est peuplée que de 290.000 habitants, soit 2,5% de la population kinoise avec une densité de 40 habitants au km².

De la Prise en charge déséquilibrée de la population du point de vue administratif et sécuritaire
Comme, on le voit dans le tableau n°6 en annexe, les communes de Kinshasa prises isolement, ont des tailles démographiques et des superficies très déséquilibrées.

En effet, la population des communes varie entre 50.000 habitants (Gombe) et 1.500.000 habitants (Kimbanseke).

A certaines municipalités est confiée la gestion de 50.000 (Gombe) ou de 160.000 habitants (Lingwala) à d’autres la gestion de plus d’un million d’habitants comme Masina (919.784), Ngaliema (1.186.048 habitants) et Kimbanseke (1.540.388 habitants).

La sous administration des communes à forte densité de la population est manifeste et pose des problèmes de prise en charge sécuritaire, accentués par la concentration des infrastructures sociales et économiques dans des communes moins peuplées.

La superficie des communes varie entre 3 km² (Kintambo, Kinshasa et Lingwala) et 8.000 km² (Maluku).

Quand les autorités communales de certaines communes administrent un territoire de moins de 4 km² (Ngaba), d’autres ont en charge des territoires de plus de 358,9 km² (Mont-Ngafula).

Les grandes communes ont une superficie qui varie entre 200 et 8.000 km² et disposent d’une bonne capacité d’accueil.

Comme on le voit dans le tableau n°7, en annexe, les six premières communes de grande taille spatiale ont une densité très basse.

En tête viennent Maluku et N’sele, suivies de Mont Ngafula, Ngaliema, Kimbanseke et Gombe, avec respectivement 36, 253, 1.171, 5.288, 6.478 et 1.778 habitants au km².

Commune administrative, commerciale et résidentielle de haut niveau, Gombe avec ses 29 km² et sa densité de 1.778 habitants au km² entre dans cette catégorie de communes à faible densité.

Les autres communes ont des fortes densités qui vont jusqu’à près de 100.000 habitants au km². Il s’agit notamment de : Matete, Bumbu et Kinshasa (respectivement 102.559, 100.069 et 92.533 hab/km²).
De la Distribution déséquilibrée des infrastructures sociales et économiques
Les unités industrielles, commerciales, bancaires et l’administration publique sont installées essentiellement sur le premier espace de 22 communes et principalement dans la commune de la Gombe.

Les infrastructures de santé, la couverture en eau potable et en électricité, les établissements scolaires, académiques restent concentrés dans les 22 communes, représentant 11% de l’espace, tandis que les 2 communes dites semi-rurales sont des parents pauvres dans tous ces domaines.

Il en est de même de la voirie urbaine qui est concentrée sur les 11% de l’espace vital de Kinshasa.

Par ailleurs, ces infrastructures sont concentrées dans des communes à faible densité de la population.

Du chômage et de la nature précaire des emplois des kinois aujourd’hui
Selon les statistiques de l’Administration nationale, le taux de chômage en RDC en 2015 s’élèverait à 39%. Ne disposant pas des données statistiques spécifiques à la Ville de Kinshasa, si nous tentons d’appliquer le taux de 39%, qui donne une moyenne nationale du chômage, les chiffres de l’emploi de la ville de Kinshasa seraient les suivants :
– Population globale       : 12.000.000
– Population active (51%)   : 6.120.000
– Chômeurs kinois
(39% de la population active) : 2.386.800
– Population occupée
(61% de la population active) : 3.733.200
o Contractuels (4%)     :     149.328
o Indépendants (96%)   : 3.583.872
Kinshasa n’a pas de tissu économique. Son industrie est embryonnaire, peu des manufactures, pas de secteur agricole, un tertiaire assis sur des produits importés, un secteur bancaire faible, une administration locale en faillite ; avec des municipalités sans budget digne de leur taille démographique.

Il en est de même du budget de la ville elle-même qui ne reçoit pas du Gouvernement central la part lui allouée par le Parlement au titre de crédits d’investissements.

Celui-ci est de près de 120 millions de $ US en 2015. Il représente la dotation du Gouvernement central destinée aux crédits d’investissements au profit de la ville dans le cadre de ses compétences.

  KINSHASA, L’ENFER AUJOURD’HUI ET DEMAIN

Par rapport à d’autres grandes métropoles du monde, Kinshasa affiche une bonne densité (1.200 hab/km²). Cependant, Kinshasa est caractérisée par une mise en valeur quasi-nulle et une urbanisation déséquilibrée, qui fait que la majorité de ses municipalités (22 communes) fort peuplées, sont installées sur les 10% de son territoire et ont des densités qui dépassent la norme.

 Kinshasa aujourd’hui

L’exemple des 13 communes kinoises à plus fortes densités sur les 22 selon le tableau n°7 à l’annexe, dépassent les densités de grandes métropoles dont l’urbanisation répond pourtant aux normes internationales.

Ainsi, les densités de ces communes rivalisent avec celles des villes de Paris (117.091), Washington (53.966), Lagos (22.833), etc.

Il s’agit de :
1) Matete   avec 102.559 habitants au km²
2) Bumbu   avec 100.069 habitants au km²
3) Kinshasa     avec 92.533 habitants au km²
4) Kalamu     avec 85.934 habitants au km²
5) Ngiri-ngiri   avec 82.840 habitants au km²
6) Ngaba     avec 78.906 habitants au km²
7) Kintambo   avec 73.235 habitants au km²
8) Makala     avec 73.021 habitants au km²
9) N’djili     avec 62.478 habitants au km²
10) Lingwala   avec 56.476 habitants au km²
11) Bandalungwa avec 54.493 habitants au km²
12) Barumbu   avec 51.303 habitants au km²
13) Kasa-vubu   avec 50.856 habitants au km²

 Kinshasa, l’enfer en 2025

Si aucun plan d’extension (et de redistribution de la population sur l’ensemble de l’espace de Kinshasa) n’est mis en route d’ici-là, avec un taux de croissance de 5,5%, la configuration de la densité des communes les plus peuplées de Kinshasa se présentera comme ci-après en 2025 (Tableau n°8 en annexe) :
1) Matete     avec 175.186 hab/km² ;
2) Bumbu     avec 170.933 hab/km² ;
3) Kinshasa     avec 158.060 hab/km² ;
4) Kalamu     avec 146.787 hab/km² ;
5) Ngiri-ngiri   avec 141.503 hab/km² ;
6) Ngaba     avec 134.784 hab/km² ;
7) Kintambo   avec 125.096 hab/km² ;
8) Makala     avec 124.731 hab/km² ;
9) Ndjili     avec 106.721 hab/km² ;
10) Lingwala   avec 96.469 hab/km² ;
11) Bandalungwa avec 93.082 hab/km² ;
12) Barumbu   avec 87.633 hab/km².

S’agissant des 2 communes de Maluku et de Nsele, toutes choses restant égales par ailleurs, jusqu’en 2025, leurs densités resteront toujours bonnes, soit respectivement 62 et 430 habitants au Km².

On imagine bien que les problèmes qui se posent déjà à la ville du point de vue de la salubrité, des logements, de la santé publique, vont s’aggraver d’ici 2025.

Les problèmes des logements en 2025 : Absence d’une politique de logements
Les problèmes des logements en 2025 : Absence d’une politique de logements
Le problème de logements à Kinshasa, pour aujourd’hui et pour davantage demain, se pose en terme de leur qualité, de leur offre et de leur concentration, par rapport à une demande très forte.

Il n’existe pas en RDC aussi bien à Kinshasa, une politique de logements, moins encore, celui de crédits-logements. Cette situation n’a que trop duré.

Kinshasa a des problèmes particuliers de voirie et de salubrité, mais ne dispose d’aucune structure d’assainissement digne de son nom.

Les municipalités à forte densité sont généralement baignées par des rivières qui drainent des immondices. La plupart de ces municipales sont sans égouts ni caniveaux d’évacuation des divers déchets et excréments, dans le contexte d’une ville qui n’a aucun centre de traitement des eaux usées.

Les parcelles de Kinshasa dans de quartiers populaires logent jusqu’à 10 familles de plus de 8 membres, habitant des étroites maisons souvent sans lieux d’aisance. Les rares salles de toilettes dont disposent ces habitations sont généralement dépourvues d’eau et de système d’évacuation.

Avec la forte densité qui s’annonce, il ne serait pas exagéré de dire que d’ici 2025, toutes choses restant égales par ailleurs, beaucoup de nos compatriotes à Kinshasa passeront des nuits dehors.

Les problèmes de la propriété foncière d’ici 2025
50 % des procès dans les cours et tribunaux à Kinshasa concernent des litiges fonciers. La population de Kinshasa étant concentrée sur près de 10 % de son espace, les terrains sont rares et chers, face à une forte demande surtout dans les communes à densité de plus de 80.000 habitants au km².

 Emplois et chômage à l’horizon 2025

D’ici 2025, la population de Kinshasa, au taux de croissance démographique actuel de 5,5%, va augmenter de plus au moins 8 millions d’habitants dont près de 4.100.000 représenteront la population active additionnelle.

S’il se créait à Kinshasa chaque année, en appliquant la méthode classique, 20.000 emplois formels, soit 200.000 emplois les 10 prochaines années, le total de la population active non occupée ou sans emplois sera de 3.900.000. Il s’agit de nouveaux demandeurs d’emploi qui viendront gonfler les rangs des désœuvrés actuels.

Le désastre social qui en résultera, sera socialement et politiquement difficile à gérer, pour une population totale qui aura atteint 20 millions d’habitants.

Car, en plus des chômeurs ou mieux, des sans emplois, qui vont poser des problèmes sociaux, il y aura aussi :
1) des travailleurs dont les emplois et revenus seront précaires ;
2) des enfants, des adolescents et jeunes sans support social, étant dans leur majorité issus des parents à revenus dérisoires ;
3) des vieux sans pensions de retraite, ni assurance maladie ou couverture sociale.

Ainsi, les années qui nous séparent de l’horizon 2025 seront socialement et politiquement difficiles à gérer.

Les effets de la densité sur le transport et la circulation routière
La concentration des infrastructures administratives, économiques, etc. dans les 22 communes causent des embouteillages monstrueux. Ceux-ci posent un sérieux problème de mobilité et de circulation de la population.

IV. CONCLUSION ET SUGGESTIONS

4.1. Conclusion
On vient de voir que la ville de Kinshasa dispose des atouts en terme des potentialités économiques, géographiques, écologiques, climatologiques, topographiques, malheureusement mal exploitées.

La ville n’a jamais disposé d’un plan relatif à son extension et à sa modernisation. Cette situation, qui date de nombreuses années, pose aujourd’hui de graves problèmes :
– d’infrastructures économique et sociale ;
– de santé publique et environnementale ;
– de salubrité, de transport ;
– de desserte en eau potable, en électricité ;
– de logements.

A ces problèmes s’ajoutent celui de chômage pour une population de 12 millions d’habitants qui va aller à 20 millions à l’horizon 2025.

Tous ces problèmes mis ensemble font et feront de Kinshasa une bombe, au point de vue social, politique et sécuritaire, à désamorcer avant qu’il ne soit tard.

4.2. Suggestions
Nous suggérons et préconisons pour cela :
1) Un plan de modernisation et d’extension de la ville de Kinshasa à l’Est, c’est-à-dire vers Nsele et Maluku. Celui-ci aura pour but d’étaler la population non pas sur les 1.100 km² actuels, mais sur 5.000 km², soit 3.000 km² de terres additionnelles ou 4.000.000 de parcelles à vendre en réservant les 4.000 km² autres à l’agriculture, aux espaces verts et aux générations futures. Ainsi la densité de Kinshasa dans les 20 ans à venir pourrait passer de 2.000 à 4.000 hab/km² ce qui réduira la densité moyenne des communes très peuplées actuelles de100.000 à 5.000 habitants au km².

2) Une distribution des terres dans le cadre de ce plan à préfinancer par l’Etat et les clients demandeurs des terres et des logements ;
3) La construction préalable par l’Etat des infrastructures essentielles et la mise en place subséquente d’un fonds de modernisation et d’extension de Kinshasa, alimenté, dans le cadre d’un partenariat public-privé, par les entreprises de construction, les institutions financières, l’Etat, les chefs des terres et la communauté de demandeurs des terrains et logements.

Ce fonds servira à la viabilisation de la partie « Est » de Kinshasa, en assurant la pérennité des programmes des constructions des voiries, des centrales énergiques et d’adduction d’eau potable, des établissements scolaires, des centres de santé, des infrastructures récréatives, des bureaux de l’administration publique et des organismes internationaux.

Ce plan de modernisation et d’extension de Kinshasa vers l’Est va résoudre les problèmes :
o de déséquilibre dans la répartition spatiale de la population actuelle et à venir de Kinshasa ;
o de déséquilibre de distribution des infrastructures économique et sociale de la ville de Kinshasa dont celles de la desserte en eau potable et en électricité ;
o de la taille de municipalités à travers un nouveau découpage (Kimbanseke par exemple devrait être démembrée en 10 communes d’au moins 24 km² chacune en moyenne pour 150.000 habitants environ pour chacune ;
o des politiques de logement pour son accessibilité à toutes les couches sociales ;
o de la voirie et de l’écologie de la ville ;
o du chômage et de la délinquance juvénile ;
o de l’investissement et du développement économique de la ville.

Ce plan constituera :
o une source de croissance pour le pays ;
o une convergence d’intérêts économiques et sociaux :
pour les banques en termes de dépôts de la part d’une nouvelle clientèle ;
pour les sociétés de construction : une offre nouvelle des marchés des infrastructures publiques dans le cadre d’une politique de grands travaux ;
pour la jeunesse : une opportunité d’emplois, de revenus et des crédits logements, etc. ;
pour l’État et la ville : une source des recettes fiscales.
4) Pour les gagne-petits et les familles nombreuses aux revenus modestes, l’Etat devra financer la construction des logements sociaux à leur louer à des prix tenant compte de leur situation sociale, avec option d’une vente à tempérament.
Fait à Kinshasa, le 13 juillet 2015
 
Adolphe MUZITO
 
Premier Ministre honoraire

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