Kinshasa, 30 déc. 2025,
Deux notes de plaidoyer ont été élaborées et déposées, lundi, par la Commission nationale des droits humains (CNDH) aux ministères de la Défense et de l’Interieur de la République démocratique du Congo (RDC) pour solliciter davantage leur implication dans la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) au pays.
« L’objectif de ces notes de plaidoyer est de contribuer au renforcement de l’implication du ministère de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires Coutumières ainsi que celui de la Défense nationale, dans la lutte contre l’impunité des VBG au sein des FARDC et de la police dans le cadre de la campagne Tolérance zéro immédiate lancée par le Chef de l’Etat depuis 2019 », a-t-on lu dans ces deux notes élaborées par la sous-commission permanentes des droits de la femme et de l’enfant de la CNDH-RDC.
D’après cette même source, ces documents qui ont été déposés, lundi 29 décembre dernier, au ministère de l’Intérieur et de celui de la Défense par la CNDH, via sa sous-commission permanente des droits de la femme et de l’enfant.Au niveau du ministère de la Défense et Anciens combattants, c’est le vice Premier-ministre Guy Kabongo qui avait reçu personnellement la commissaire nationale Gisèle Kapinga.
Selon cette source, les deux personnalités ont parlé des résultats de ces enquêtes, qui ont permis à la CNDH d’élaborer ces notes de plaidoyer remis à ces deux ministères, chacun selon ses préoccupations, précisant que ces enquêtes ont été réalisées par la CNDH dans cinq provinces de la RDC, à savoir: l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Kasaï et Kinshasa. C’est le cadre du projet « Unis pour l’égalité de genre », appuyé par l’Union européenne et l’Onu-Femmes.
Résultats des enquêtes
Par ailleurs, la même source a aussi renseigné que les enquêtes ont relevé 3547 cas de VBG documentés, soit 2827 cas documentés en dehors des juridictions (zones de santé, hôpitaux généraux de référence, centres de santé, camps des déplacés, etc.) avec : 45% des cas de viol, 22% des cas d’agression sexuelle, 18% de violence physique, 13% de violence psychologique, 1% des cas de déni de ressources, de service ou d’opportunité et 1% d’autres formes.720 autres cas ont été documentés dans les juridictions de Kinshasa, Ituri, Kasaï, Nord-Kivu/Beni et Sud-Kivu/Uvira (TGI, Tripaix Kasaï, TPE Kinshasa-Gombe, Ngaliema, Bunia, Tribunaux militaires de Garnison de Bunia, etc.) avec : 91% des cas de viol, 1% des cas de harcèlement sexuel, 1% des cas d’agression physique, 5% d’exploitation d’enfant et 2% d’autres formes.Les constats faits après les enquêtes ont indiqué qu’il manque au sein de l’armée et de la police d’une dynamique de sanctions disciplinaires et dissuasives à l’égard des auteurs de telles atrocités, ce qui contribue à la récidive et laisse les victimes sans réparation.« Pourtant, le cadre juridique congolais est fort éloquent à ce sujet. L’on citerait, entre autres la Constitution en vigueur en RDC, les lois et politiques nationales et tant d’autres instruments juridiques ratifiés qui luttent contre l’impunité des VBG », ont encore relevé les enquêtes.
C’est pour cette raison, dans le cadre des défis, il a été relevé notamment que des soldats et des policiers ne sont pas outillés en matière des VBG, certains de ces éléments sont même auteurs de ces VBG, notamment dans les zones en conflits et procèdent aux pratiques des arrangements à l’amiable.
C’est ainsi que la CNDH a formulé des recommandations. Il s’agit notamment de renforcer les capacités des OPJ et ceux de l’auditorat militaire dans le traitement des dossiers des VBG; sensibiliser les policiers et les soldats ainsi que leurs dépendant sur les VBG; de militer pour des sanctions sévères et dissuasives à l’égard des policiers auteurs des VBG et de veiller à ce que justice soit rendue en faveur des victimes.