Une étape importante vient d’être franchie dans le processus de réforme du secteur médiatique congolais. Le 19 février 2026, une cérémonie officielle a marqué la présentation du spécimen de la nouvelle carte de presse, appelée à encadrer désormais l’exercice du métier de journaliste en République démocratique du Congo.
Portée par l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC), cette initiative s’inscrit dans la dynamique d’assainissement et de structuration du paysage médiatique national, conformément aux engagements pris par le ministère de la Communication et des Médias. Empêché, le ministre Patrick Muyaya s’est fait représenter par son directeur de cabinet, Nicolas Lianza, qui a salué cette réforme.

Prenant la parole, le président national de l’UNPC, Kamanda wa Kamanda, a tenu à clarifier la portée de cette nouvelle carte professionnelle. Selon lui, il ne s’agit pas d’un instrument de contrainte, mais d’un dispositif d’encadrement et de protection destiné aux journalistes régulièrement établis.
La carte de presse, a-t-il expliqué, constitue à la fois une preuve d’identité professionnelle, un outil de sécurisation et un repère éthique. Elle permettra notamment de distinguer les professionnels formés et reconnus des personnes exerçant sans légitimité, contribuant ainsi à renforcer la crédibilité de la profession.
Une réforme dans un contexte sécuritaire sensible
Intervenant au nom du ministre, Nicolas Lianza a replacé cette réforme dans le contexte sécuritaire marqué par les tensions persistantes dans l’Est du pays. Il a souligné le rôle stratégique des médias à une période où l’information peut devenir un facteur de stabilité ou, au contraire, de déstabilisation.
Rappelant que les journalistes ont droit à la protection dans l’exercice de leur mission, il a également insisté sur leur responsabilité vis-à-vis de la Nation. Les qualifiant d’« acteurs de la souveraineté narrative », il a estimé que leur travail participe à la défense de la vérité nationale, à la construction de l’image du pays et à la préservation de l’unité face aux défis informationnels contemporains.
De son côté, Charles Dimandja, président de la Commission de la carte de presse de l’UNPC, a salué l’aboutissement d’un processus engagé de longue date. Il a rendu hommage au ministre Patrick Muyaya pour son implication dans cette réforme qu’il considère comme une avancée majeure pour la profession.
Il a particulièrement mis en avant l’intégration, dans la nouvelle loi sur la presse, d’une exigence académique claire : l’obtention d’un diplôme reconnu en journalisme devient désormais une condition incontournable pour exercer. Cette disposition marque une rupture avec la prédominance de l’apprentissage informel et ouvre la voie à une professionnalisation accrue du secteur.
Précisons que si cette réforme est appliquée avec rigueur, le monde médiatique congolais pourrait marquer un tournant dans l’histoire récente du journalisme en RDC.
Jean-Pierre Kanyiki